Le nombre annuel de telles demandes de saut de classe au primaire a varié au cours du temps. Durant les années 2000, il oscillait entre 150 et 200 demandes annuelles alors qu'il avait été compris entre 90 et 130 durant les années 1990. Les démarches concernent donc annuellement une part infime de la population scolaire (environ 0,7% depuis les années 2000). Quant aux enfants obtenant une dispense d'âge (1474 sur l'ensemble de la période observée), ils représentent annuellement quelque 0,4% de la population scolaire. Plus d'un tiers des demandes de saut de classe visent une entrée anticipée dans l'actuelle 3P (anciennement 1P) qui, durant la période considérée, marquait le début de la scolarité obligatoire à 6 ans. Différents professionnels (enseignants, psychologues, chercheurs) ont tendance à considérer ce saut comme plus approprié du fait qu'il intervient tout au début de la scolarité de l'enfant. Cependant la probabilité d'obtenir une dispense d'âge croît au fur et à mesure que l'on avance dans les degrés: alors que le nombre de demandes baisse à mesure que le degré visé est élevé, les taux d'obtention croissent avec le degré visé. Dans les trois quarts des cas, l'avis des enseignants concorde avec celui des psychologues, et une année après un saut de classe, le constat des enseignants est globalement très positif, ce qui s'accorde avec le fait que les enfants ayant sauté une classe restent de (très) bons élèves.