Comment savoir si un train est accessible en fauteuil roulant ? Faut-il parler de son "handicap" lors d’un entretien d’embauche ? Quels soutiens pédagogiques existe-t-il pour un enfant en situation de handicap et qui doit-on contacter pour les obtenir ? Les WC sont-ils accessibles dans ce restaurant ? Pour trouver réponse à ce genre de questions, les personnes en situation de handicap et leur entourage développent des pratiques sociales et linguistiques souvent méconnues du grand public. Ainsi, les obstacles à une participation active et autonome ne sont pas uniquement architecturaux, sociaux ou politiques, mais l’accessibilité est conditionnée par quantité d’interactions sociales et langagières supplémentaires. Si ces aspects ont été abordés en sciences humaines et sociales (en particulier dans les Disability Studies), la linguistique appliquée s’est relativement peu intéressée aux pratiques sociales et langagières des personnes en situation de handicap, à l’exception de handicaps directement associés au langage (surdité, dyslexie, etc.).
L’objectif de ce projet de recherche a été d’explorer le terrain du handicap dans une perspective sociolinguistique, dans le but de mieux saisir la part langagière du handicap et son impact sur la production d’inégalités sociales. En s’appuyant d’une part sur une revue extensive de la littérature scientifique, mais aussi à l’appui de projets pilotes collaboratifs avec des personnes en situation de handicap, cette recherche a exploré les questions suivantes :
- Quelles pratiques sociales et langagières ont été étudiées autour du handicap ?
- Quelle est la part sociale et langagière du handicap ? Que ressort-il de la littérature scientifique ?
- Dans quelle mesure ces aspects sociolinguistiques impactent-ils la vie des personnes en situation de handicap ? Avec quelles conséquences pour qui ?